Monsieur,
C’est une chose bien téméraire à nous que de venir Vous importuner au milieu de Vos glorieuses activités, et nous sommes profondément conscients du fait que nous soumettons au pays un ouvrage mal dégrossi.
Il n’est rien de si grand et de si superbe que le nom que nous mettons à la tête de cette uvre, et rien de plus bas que ce qu’elle contient. Tout le monde trouvera cet assemblage étrange; et quelques-uns pourront bien dire, pour en exprimer l’inégalité, que c’est poser une couronne de perles et de diamants sur une statue de terre, et faire entrer par des portiques magnifiques et des arcs triomphaux superbes dans une méchante cabane.
Nous avons pourtant osé, Monsieur, Vous dédier cette bagatelle, divertissement insignifiant à la lumière de Votre splendeur que nous avons créé pour votre agrément. Cette uvre dérisoire a été composée à partir des écrits de Jean-Baptiste Poquelin, auteur du XVIIe siècle, qui Vous est probablement davantage familier sous le nom de Molière. Après Vos glorieuses fatigues et Vos exploits victorieux, il est bien juste que tous ceux qui se mêlent d’occuper un plateau travaillent ou à Vos louanges, ou à Votre divertissement. Nous avons fait une tentative en ce sens, dans l’espoir humble et sincère que Vous daignerez poser un regard bienveillant sur ce modeste ouvrage.
Si nous ne réussissons pas à Vous offrir un effort à la mesure de votre magnificence, ce ne sera jamais par une imperfection dans le chef du spectateur, ni un défaut de zèle ni d’étude de la part des saltimbanques, mais seulement par un mauvais destin qui suit assez souvent les meilleures intentions, et qui sans doute afflige sensiblement.
Vos très humbles, très obéissants et très fidèles
serviteurs et sujets,
la Troupe Imaginaire
POQUELIN
ou les Fourberies de la Troupe Imaginaire
faites pour le divertissement de Monsieur
et représentées pour la première fois en public à Bruxelles
sur le Théâtre de la Lune
au mois de mai 2003, le 21
Mariages forcés, amours impossibles, médecins, médecins imaginaires, philosophes, philosophes imaginaires, bonnes manières, bonnes manières imaginaires, cocus, cocus imaginaires, adultère, critiques, se cacher et épier, apartés, valets et servantes, féministes, malentendus, danses, musique, masques, coups de bâton, dames et messieurs, filles et femmes, roués et benêts, pommes et poires, avares et cassettes, malades et malades imaginaires, comédiens, pièces en un acte et farces, comédies et ballets, fils et filles, pères et mères, sonnets et poèmes, poésie et prose, lettres et intrigues, coups et blessures, à boire et à manger, bâfrer et empester, perruques et boules à zéro, barbes et moustaches, tomber et se relever, tables et chaises, s’asseoir et se coucher, entrer et sortir –
avec, entre autres, Chrysalde, Philaminte, Ariste, Bélise, Armande, Henriette, Martine, L’Épine, Clitandre, Vadius, Julien, Organte, Géronte, Octave, Léandre, Silvestre, Hyacinthe, Nérine, Zerbinette, Lucile, Nicole, Cléonte, Covielle, Dorante, Dorimène, Argante, Béline, Angélique, Béralde, Louison, Cléante, Thomas, Dom Louis, Elvire, Carlos, Alonse, Violette, Frosine, Ragotin, Mathurine, Charlotte, Orgon, Elmire, Damis, Mariane, Valère, Dorine, Isabelle, Léonore, Lisette, Julie, Andrée, Jeannot, Criquet
par Adrien Albert de La Cour-Jardin, Damis Albert Porte-Plume, François Gérard du Carrefour, Demoiselle Yolande Valentine Bougies-Faiteur, Demoiselle Natalie Marie Brioche, Demoiselle Sara Alphonsine La Corbusière, Demoiselle Christine Madeleine En-Bédroite.
En néerlandais
texte Molière
avec Natali Broods, Jolente De Keersmaeker, Sara De Roo, Damiaan De Schrijver, Tine Embrechts, Adriaan Van den Hoof et Frank Vercruyssen
rédaction Alexander Devriendt
traduction adaptation Sganarelle Marc Van den Hoof et Laurence DHondt
mise en place Matthias de Koning
lumière Thomas Walgrave
costumes An DHuys
assistence costumes Britt Angé
production STAN
première le 21 mai 2003, Kaaitheater / KunstenFESTIVALdesArts, Bruxelles
première de la version française le 1 er octobre 2004, Théâtre Garonne, Toulouse
