tg STAN présente des extraits du roman
‘Maîtres anciens’
de Thomas Bernhard .

À propos des caricatures – des parents – des professeurs – des critiques d’art –
de l’admiration – des enterrements – des tournées de lecture – de l’enfance –
de Schopenhauer – de Klimt – de Schiele – de Kokoschka – de Mahler –
du kitsch – de la nature – des toilettes –
des imprimeurs – des divulgateurs – des dissimulateurs de crimes –
d’Irrsigler – du Prater – de l’Astoria.

Un monde confus et rude.
Les paroles qui s’imposent, trouvées comme toujours chez Bernhard.

« L’humanité aurait étouffé depuis longtemps
si elle avait tu les absurdités pensées au cours de son histoire.
Tout individu qui se tait trop longtemps étouffe.
L’humanité, elle aussi, ne peut pas se taire trop longtemps, car alors elle étouffe.
Même si ce ne sont jamais que des absurdités que pense l’individu,
que pense l’humanité
et que l’individu ait jamais pensées
et que l’humanité ait jamais pensées.
Tantôt nous sommes des artistes de la parole,
tantôt des artistes du silence,
et nous perfectionnons cet art au plus haut point, a-t-il dit.
Notre vie est intéressante dans l’exacte mesure où
nous avons pu développer notre art de la parole
comme notre art du silence. »

« A vrai dire, je ne connais pas d’écrivain ou, en tout cas, pas un homme qui écrit, qui supporte à la longue de ne pas publier ses écrits, qui ne soit pas curieux de savoir ce que dit le public de ses écrits, moi je brûle toujours de le savoir, a dit Reger, bien que je dise toujours que je ne brûle pas de le savoir, que cela ne m’intéresse pas, que je ne suis pas curieux de l’opinion du public, je brûle de la savoir, naturellement je mens quand je dis que je ne brûle pas de la savoir, alors que tout de même je brûle sans cesse de la savoir, je l’avoue, je brûle toujours de la savoir, continuellement, a-t-il dit. Je veux savoir ce que les gens disent de ce que j’ai écrit, a-t-il dit, je veux le savoir à tout moment et de tout le monde, alors que je dis tout de même sans arrêt, cela ne m’intéresse pas, ce qu’en disent les gens, je dis cela ne m’intéresse pas, cela me laisse froid, je brûle cependant tout le temps de le savoir et je n’attends rien plus intensément, a-t-il dit. Je mens quand je dis, l’opinion publique ne m’intéresse pas, mes lecteurs ne m’intéressent pas, je mens quand je dis, je ne veux pas savoir ce qu’on pense de ce que j’écris, je ne lis pas ce qu’on écrit dessus, là je mens, je mens d’une façon tout à fait grossière, a-t-il dit, car je brûle continuellement de savoir ce que les gens disent de ce que j’ai écrit, je veux le savoir toujours et à tout moment et, quoi que les gens disent de mes écrits, cela m’affecte, voilà la vérité. »

extraits de : ‘Maîtres anciens’ de Thomas Bernhard,
traduit de l’allemand par Gilberte Lambrichs, Éditions Gallimard.

En néerlandais

texte ‘Alte Meister’ ou ‘Maîtres anciens’ de Thomas Bernhard

de Jolente De Keersmaeker, Damiaan De Schrijver et Thomas Walgrave

avec Damiaan De Schrijver
souffleur Jolente De Keersmaeker

technique Steven Brys et Tim Wouters
coproduction STAN avec Zomer van Antwerpen ’96, Klapstuk ’97 et Monty
en collaboration avec les centres culturels d’Anvers
remerciements à Sint-Felixarchief en Sint-Felixpakhuis , Anvers

première 2 juillet 1996, Sint Felix Pakhuis, Anvers