Mais lorsque tout fut advenu, il resta
du désordre, et une pièce
qui était complètement détruite, et à
l’intérieur
quatre hommes morts et
un nom ! Et une porte sur laquelle était écrit
quelque chose d’incompréhensible.
Mais vous, à présent, regardez
l’ensembe. Tout ce qui s’est passé, c’est nous
qui l’avons mis en place
dans le temps, selon un ordre
précis, aux endroits précis et
avec les mots précis qui
sont tombés. Et quoi que vous voyiez,
pour finir vous verrez ce que nous vîmes:
du désordre. Et une pièce
qui est complètement détruite, et à l’intérieur
quatre hommes morts et
un nom. Ou bien, trois hommes qui passent la porte
pour mettre en ordre
les grandes affaires de l’humanité,
et un homme mort
qui n’est pas encore mort, et devant lui
une porte sur laquelle est écrit
quelque chose de compréhensible.
Bertolt Brecht
Jolente De Keersmaeker, Sara De Roo et Damiaan De Schrijver ont proposé en 2005 une suite à Tout est calme, spectacle dans lequel Bernhard fulminait contre la suffisance des élites intellectuelles et culturelles. Sous le titre de « Sauve qui peut” pas mal comme titre (phrase tirée de la pièce Am Ziel, 1981) ils ont réuni quelques Dramuscules de Bernhard. Encore plus explicitement que dans Tout est calme, Bernhard analyse dans ces drames miniatures le passé nazi complexe des Allemands, jamais entièrement surmonté, et le fascisme latent dans la société actuelle.
« Sauve qui peut” pas mal comme titre est le deuxième volet de la trilogie Bernhard.
En néerlandais
texte d’après Les Dramuscules ( Glaces, Un Mort, Match, Acquittement et Le Mois de Marie ) de Thomas Bernhard
de et avec Jolente De Keersmaeker, Sara De Roo et Damiaan De Schrijver
mise en place Matthias de Koning
costumes Inge Büscher
assistance costumes Filip Eyckmans
lumière Thomas Walgrave
traduction en français Claude Porcell
remerciements à Martine Bom, Gerhard Jäger et Laurence D’Hondt
production STAN
coproducteurs de la version française KVS/Théâtre National (Bruxelles), Théâtre de la Bastille et Festival d’Automne (Paris)
première le 16 février 2005, Kaaitheater, Bruxelles
première de la version française le 17 octobre 2007, KVS en collaboration avec le Théâtre National, Bruxelles
