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vr 6 oktober 2017 20:30
za 7 oktober 2017 18:30
zo 8 oktober 2017 15:30
wo 11 april 2018 19:30
do 12 april 2018 19:30
vr 13 april 2018 19:30
za 14 april 2018 19:30
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archief

Geen speeldata
jeu 24 sep 2015
20.00
première
Toulouse
Théâtre Garonne

+33 5 62485477
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ven 25 sep 2015
20.30
Toulouse
Théâtre Garonne

+33 5 62485477
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sam 26 sep 2015
20.30
Toulouse
Théâtre Garonne

+33 5 62485477
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mer 30 sep 2015
20.00
Toulouse
Théâtre Garonne

+33 5 62485477
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jeu 1 oct 2015
20.00
Toulouse
Théâtre Garonne

+33 5 62485477
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ven 2 oct 2015
20.30
Toulouse
Théâtre Garonne

+33 5 62485477
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mer 14 oct 2015 Strasbourg
Le Maillon / Wacken

+33 3 88276181
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jeu 15 oct 2015 Strasbourg
Le Maillon / Wacken

+33 3 88276181
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ven 16 oct 2015 Strasbourg
Le Maillon / Wacken

+33 3 88276181
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mar 3 nov 2015
20.00
Nîmes
Théâtre de Nîmes

+33 4 66366510
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mer 4 nov 2015
19.00
Nîmes
Théâtre de Nîmes

+33 4 66366510
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ven 6 nov 2015
co-accueilli avec le Théâtre du Jeu de Paume
Aix-en-Provence
Bois de L'Aune
sam 7 nov 2015
co-accueilli avec le Théâtre du Jeu de Paume
Aix-en-Provence
Bois de L'Aune
dim 8 nov 2015
co-accueilli avec le Théâtre du Jeu de Paume
Aix-en-Provence
Bois de L'Aune
mar 10 nov 2015 Tarbes
Le Parvis

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jeu 12 nov 2015 Bordeaux
Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine

+33 5 56333680
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ven 13 nov 2015 Bordeaux
Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine

+33 5 56333680
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sam 14 nov 2015 Bordeaux
Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine

+33 5 56333680
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mar 17 nov 2015 Bordeaux
Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine

+33 5 56333680
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mer 18 nov 2015 Bordeaux
Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine

+33 5 56333680
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jeu 19 nov 2015 Bordeaux
Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine

+33 5 56333680
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ven 20 nov 2015 Bordeaux
Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine

+33 5 56333680
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sam 21 nov 2015 Bordeaux
Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine

+33 5 56333680
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lun 23 nov 2015 Nantes
Le Lieu Unique

+33 2 40121434
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mar 24 nov 2015 Nantes
Le Lieu Unique

+33 2 40121434
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jeu 26 nov 2015 Dunkerque
Le Bateau Feu

+33 3 28514040
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ven 27 nov 2015 Dunkerque
Le Bateau Feu

+33 3 28514040
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mer 2 déc 2015
20.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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jeu 3 déc 2015
20.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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ven 4 déc 2015
20.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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sam 5 déc 2015
20.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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dim 6 déc 2015
15.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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mar 8 déc 2015
19.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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mer 9 déc 2015
20.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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jeu 10 déc 2015
20.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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ven 11 déc 2015
20.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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sam 12 déc 2015
20.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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mar 15 déc 2015
19.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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mer 16 déc 2015
20.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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jeu 17 déc 2015
20.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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ven 18 déc 2015
20.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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sam 19 déc 2015
20.30
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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dim 20 déc 2015
15.00
Paris
La Colline / Festival d'Automne

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Cacher les dates de représentation passées

« La prochaine pièce que j’écrirai sera sûrement drôle, très drôle, du moins dans l’approche. » (Tchekhov à Olga Knipper, le 7 mars 1901)

Anton Tchekhov a travaillé pendant des années à La Cerisaie, laborieusement, en hésitant, en changeant de ton, en se débattant avec ses ennuis de santé – il souffrait depuis longtemps déjà de tuberculose chronique et déclinait rapidement ; il était souvent trop fatigué pour écrire et sa condition physique l’obligeait régulièrement à prendre des pauses pour se reposer. Le 28 juillet 1903, depuis sa maison de campagne près de Yalta, en Crimée, il écrit à Constantin Stanislavski : « Ma pièce n’est pas encore terminée, elle traîne, ce qui s’explique par ma paresse, le temps superbe et la difficulté du sujet. » Pendant ce temps-là, au Théâtre d’Art de Moscou, on attend le manuscrit avec grande impatience et beaucoup d’excitation. Le 27 septembre, Tchekhov écrit à sa femme, Olga Knipper : « Mon cher petit cheval, je t’ai déjà envoyé un télégramme annonçant que la pièce est terminée, que les quatre actes sont achevés. Je les recopie en ce moment. J’ai réussi à en faire des êtres vivants, c’est vrai, mais ce que vaut la pièce en elle-même, je ne le sais pas. » Et le 15 octobre : « Pièce envoyée. Santé bonne. Bises. Bonjour d’Antonio. »
L’accueil du manuscrit à Moscou est extatique. Le 19 octobre, Olga écrit : « Quelle journée excitante, hier, mon chéri, mon amour ! Impossible de t’écrire, ma tête allait éclater. Voilà deux jours déjà que j’attendais la pièce et j’étais agacée de ne pas la recevoir. Finalement, on me l’apporta hier matin. (…) Après l’avoir terminée, je courus au théâtre. La répétition y avait heureusement été annulée. (…) Si tu avais pu voir les visages de tous ces gens penchés sur La Cerisaie ! Bien sûr, tout le monde insista pour qu’elle soit immédiatement lue à voix haute. Nous avons fermé la porte à clé, nous en avons retiré la clé et nous avons commencé. » La création de la pièce a finalement lieu le 17 janvier 1904. Ce sera la dernière pièce de Tchékhov. Il mourut quelques mois plus tard, le 4 juillet 1904

La Cerisaie réunit tous les éléments tchékhoviens typiques : un mouvement continu de personnages, un rythme et une intensité qui varient en permanence, des dialogues qui semblent aléatoires et sans lien, interrompus de façon abrupte par des interventions ou des informations apparemment sans pertinence, des données ou des sentiments importants partagés quasi incidemment, l’élégance des détails, l’économie de mots – Tchekhov reste le maître de l’expression ramassée – la structure ouverte, un champ dramatique plutôt qu’une ligne dramatique, pas d’émotions exacerbées, pas de discours grandiloquents, pas de vérités majeures. Dans cette pièce, la vérité est modeste, simple, indirecte, enracinée dans les rythmes reconnaissables de nos vies. Rien n’est amplifié, les proportions sont familières, et tout est néanmoins transformé grâce à un imaginaire qui nous permet de pénétrer profondément dans l’étrangeté du quotidien. « Une vraie comédie hautement sérieuse », comme le disait l’écrivain états-unien Richard Gilman. La méthode de Tchekhov est souvent comparée à celle d’un compositeur ou d’un peintre : une touche de pinceau de-ci, de-là, un rallongement de cette ligne, une tache soudaine, le remplissage graduel d’une surface, des pointillés, des petites taches sombres et claires, effacer, reconstruire… Le 11 mai 1889, il écrit dans une lettre à son frère Alexandre : « Réécrire de manière radicale ne doit pas effrayer, car plus le résultat est une mosaïque, mieux c’est. » Un champ dramatique donc

Et pourtant, combien de tentatives de sonder la pièce n’ont-elles pas été entreprises ? La Cerisaie demeure une énigme et Tchekhov ne se laisse pas cataloguer. Depuis qu’elle est mise en scène, la pièce est balancée entre des polarités d’interprétation : naturalisme ou poésie, réalisme ou symbolisme, complainte sociale ou prophétie, comédie ou tragédie… Souvent dictée par une étroitesse d’esprit, la pièce s’est aussi vue affublée de tous les noms : réquisitoire politique, représentation poético-mélancolique d’une époque, méditation nostalgique, ode au progrès, satire sociale… Les personnages tiennent sans cesse, en fonction de ce qui convient, d’autres discours idéologiques. Lopakhine, est-il un héros adepte du progrès, animé par le goût de l’entreprise ? Ou est-il un paysan grossier, un arriviste sans mérite, aveuglé par l’appât du gain ? Lioubov, est-elle une pimbêche gâtée et égoïste qui représente la gloire déchue de l’ancienne noblesse rurale et qui ferait mieux de disparaître au plus vite avec toute sa clique ? Ou est-elle une ode sensuelle et irrésistible à l’humanité fragile et à l’inutilité essentielle dans nos vies ? Incarne-telle le droit à cette inutilité, à la beauté, à tout ce qui n’a pas de valeur économique, à la culture ? Trifomov, est-il un esprit éclairé ou un pédant verbeux, tout aussi indolent que les autres ? Ou est-il possible que les jugements moraux ne soient pas d’application ? Tchekhov exprime-t-il ses opinions personnelles à travers ses personnages ? Ou leur donne-til simplement la parole ? Les points de vue que ses personnages partagent avec nous, sont-ils pour autant des « thèmes » de la pièce ? Ou s’agit-il juste d’opinions énoncées dans la pièce ? Est-il possible que les différentes strates de la condition humaine soient simplement représentées dans toute leur complexité ? Que la pièce ne dévoile pas tous ses secrets, que les personnages ne nous expliqueront pas pourquoi ils font ce qu’ils font… ?
Tchekhov est sans doute en train de ricaner avec bienveillance dans sa tombe et nous chuchote doucement à l’oreille : « Tout ça, et bien plus encore… ou pas… Découvrez-le vous-même ! » Il est en tout cas évident que cette pièce est aussi insaisissable que la vie elle-même.

Dans un texte que le poète russe Andreï Bely a écrit sur La Cerisaie en 1904, il n’identifie pas la méthode de Tchekhov à un outil technique, mais parle de ce que nous pourrions nous-mêmes appeler « son regard », qui se pose, avec une clairvoyance incomparable, sur les moindres détails, sur la fugacité extrême de notre expérience. C’est cette approche envers l’humble, le fortuit et le fragmentaire, le méprisé – le véritable fondement de la révolution que Tchekhov a provoquée dans le théâtre – qui libère l’anciennement inconnu, ce qu’on pourrait appeler la musique qui n’a pas encore été entendue. « Un instant de vie pris en soi devient, parce qu’exploré en profondeur, une porte vers l’infini », écrit Bely. « Les menus détails de la vie apparaissent toujours plus clairement être les guides vers l’Éternité. (…) Dans La Cerisaie, Tchekhov s’éloigne des sinuosités de la vie et ce qui à distance semble des sinuosités floues se révèle être des ouvertures vers l’Éternité. »*
Anton Tchekhov a marqué l’histoire du théâtre d’un sceau indélébile, et sa prose, sa correspondance, et ses pièces de théâtre appartiennent encore toujours aux plus belles œuvres de la littérature mondiale. Sa compréhension des mouvements de l’âme humaine est inédite, sa vision de la condition humaine est inégalée. Il était un révolutionnaire moral, il nous a appris à voir les gens comme ils sont, petits et grands, faibles et forts, bons et méchants, corrompus et purs… Il reste le grand maître du drame du non-dramatique et fera toujours partie du groupe restreint d’auteurs essentiels dans notre quête d’être humain, susceptibles de nous aider, grâce à leur discernement, à conserver ou à retrouver notre santé mentale individuelle et collective

Donc, à la question pourquoi créer La Cerisaie en 2015 ? Pour toutes ces raisons et pour tant d’autres encore.

À Olga Knipper, le 20 avril 1904 :
« Tu demandes : “C’est quoi, la vie ?” Tu peux tout aussi bien demander : “C’est quoi, une carotte ?” Une carotte est une carotte et personne n’en sait davantage… »
(Ce texte est redevable à Chekhov’s plays: An Opening Into Eternity de Richard Gilman.) * est une citation directe, librement traduite.

 

LaCerisaie_teaser_FR

La Cerisaie, vu par le collectif tg STAN, ne ressuscite pas la Russie fin de siècle, et n’enferme dans aucune nostalgie, mais parle de chacun d’entre nous, au présent, dans son impossibilité d’anticiper sa faillite prochaine. Que faire lorsqu’on n’est plus rentable ? Peut-on vraiment se résoudre à raser ses cerisiers afin d’y construire des lotissements pour touristes, comme le propose le fils de l’ancien serf ? Ou vider ses poches, comme Lioubov, ruinée, surendettée et surdépensière, qui retourne dans sa demeure après cinq ans passés entre Paris, Meudon et diverses amours catastrophiques ? Jolente de Keermaeker l’interprète comme une joyeuse femme un peu maniaque, qui s’exalte régulièrement et s’effondre aussi vite, son jeu accentue les coqs-à-l’âne du texte, elle passe de la noyade de son petit garçon, Grida, dans la rivière du domaine à un orchestre juif, toujours existant, lui. Pourquoi ne pas organiser «une petite soirée» musicale ? (…) Les pensées désagréables sont chassées comme des mouches et la fête est l’un des moments les plus forts du spectacle, où les acteurs dansent, certes, mais séparés et jusqu’aux aurores, tandis que le déménagement se poursuit. Les costumes, contemporains sans être précisément datés, renvoient à un passé proche. La traduction renforce la proximité du spectateur avec la pièce, en supprimant tout exotisme - pas de moujik ici, ni de datcha. Et curieusement, même les accents étrangers - entre le flamand et le russe - et la diction très articulée des acteurs multiplient le sentiment de familiarité.
Libération,
Anne Diatkine, le 10 décembre 2015

(…) c'est une Cerisaie pleine de charme, de vivacité et de jeunesse : un spectacle qui déménage, à tous les sens du terme. Un peu de bric et de broc, à l'image du décor léger et mobile. Une Cerisaie venue de l'avant-garde artistique anversoise, avec sa musique et son style vestimentaire, et jouée en français avec l'accent belge. (…) Ainsi va cette Cerisaie, qui offre également une scène de bal superbe et inédite, hypnotique comme une soirée techno anversoise. Et ainsi va ce beau spectacle qui raconte que la vie continue, à l'image d'Ania, la fille de Lioubov, quand elle se réjouit qu'" un nouveau monde commence ", sans regret pour la perte du domaine, et pour cette existence où sa famille a régné du côté des maîtres.
Le Monde, Fabienne Darge, le 9 décembre 2015

La mise en scène du collectif flamand Tg Stan prend son contre-pied en rendant à cette pièce les attributs de la comédie que Tchekhov lui avait donnés. Et c'est un puissant vent de folie et de liberté qui va souffler pendant plus de deux heures sur cette «Cerisaie» présentée mardi soir sur la scène du Parvis. (…) Une approche pleine d'humour, pas toujours tendre, et de dérision. C'est sans doute de la griotte au goût délicieusement acidulé que produit cette «Cerisaie». Un superbe moment de théâtre qui donne corps à la comédie voulue par Tchekhov.
La Depêche, Stéphane Boularand, le 17 novembre 2015

Comme souvent, les membres fondateurs de tg Stan (ici Jolente de Keersmaeker et Frank Vercruyssen) ont invité des acteurs extérieurs à les rejoindre sur scène. En faisant appel à de jeunes gens tout juste sortis de l’école, les Anversois insistent sur la vitalité d’une pièce trop souvent lue de manière nostalgique et dépressive. La tragédie, les blessures intimes et sociales sont sans cesse contrebalancées par le comique et les éléments burlesques apportés par les tours de la gouvernante magicienne Charlotta. L’amour et le désir s’insinuent entre les différences de classes. Chez Tchekhov, le rire est au bord des larmes. Lioubov porte le deuil d’un enfant et d’un amour, elle va dire adieu à son domaine et à sa jeunesse. ­Magistrale, Jolente de Keersmaeker en fait une femme en représentation permanente, abusant des gestes et des baisers sur la bouche, à la russe. Elle est une sorte de double extravagant et distancié d’Arkadina, le personnage d’actrice de la Mouette. Depuis vingt-cinq ans, les «Stan» se jouent des conventions théâtrales pour mieux respecter les textes, sur lesquels ils travaillent longuement à la table. Les coulisses sont à vue, les changements de décor sont faits par les acteurs, qui endossent parfois plusieurs rôles, loin de tout naturalisme. Plus les ficelles sont visibles, plus la magie opère: c’est la grande force du tg Stan, d’autant plus fidèle à Tchekhov qu’il semble s’en éloigner.
L’Humanité, Sophie Joubert
, le 14 décembre 2015

Mais plutôt que de faire des choix univoques, de trancher grâce à telle ou telle lecture dramaturgique, le collectif laisse place à toutes ces nuances, laisse envisager tous les possibles contenus dans le texte. Leur originalité réside dans le fait qu’ils font durer jusqu’à la représentation ce qui n’est la plupart du temps qu’une étape de travail, à savoir le temps de lecture du texte où tout est encore ouvert, rien n’est fixé, afin de laisser pleine liberté d’exploration, d’envisager toutes les interprétations possibles par la variation des intonations, par des modulations, par des propositions, non pas considérées comme contradictoires mais toutes présentes et toutes acceptables.
La Parafe, le 8 décembre 2015

En bref, ce groupe génial qu’est le tg STAN élabore une mise-en-scène pleine de surprises et d’humour de ce chef d’œuvre absolu de Tchekhov, explorant sa dimension un loufoque, énigmatique, errante, ainsi que cette proximité avec le vaudeville, voire la farce, à laquelle Tchekhov tenait tant. Une pièce à voir, donc, si l’on découvre l’oeuvre de Tchekhov, mais aussi si on l’adore déjà et qu’on croît la connaître, car le tg STAN la pare d’une dimension nouvelle et délicieuse, acidulée et vive, mais cependant d’un doux parfum de nostalgie, semblable au goût que l’on imagine aux cerises du magnifique verger perdu.
Artichaut, Marianne Martin, le 6 décembre 2015

Tchekhov est un des rares auteurs absolument indispensables. Nous nous devons de le maintenir en vie dans la conscience collective de nos sociétés. Comme Racine, Bernhard, Büchner et quelques autres, il nous aide à rester sain, parfois à le redevenir.”
Hervé Pons, Les Inrockuptibles, septembre 2015

Le vertige de «La cerisaie» au Garonne
“Toujours sur ce mode talentueusement singulier qui la caractérise, entre jeu et diction, à la fois cash et épousant les détours de l'âme et avec ce naturel pris sur le vif, crée directement sur scène (…), la compagnie flamande façonne en direct le vertige naturel de la pièce en choisissant aussi, de la faire jouer, aux côtés de ses piliers -Frank Vercruyssen, Jolente De Keersmaeker -par des comédiens novices, dont la jeunesse accentue l'opposition entre deux mondes, deux générations.”
Nicole Clodi, La Dépêche, le 26 septembre 2015

La Cerisaie est un chant dramatique
“On l'a imaginée comme une situation d'aujourd'hui dans ce combat entre l'accumulation de richesse, ce désir d'acheter et, de l'autre, ce qui ne peut l'être comme la culture ou la beauté. C'est le combat entre l'utile et l'inutile.“
Midi Libre, le 4 novembre 2015

Il faut que les fleurs des arbres saignent
La Cerisaie n'est pas un drame en costumes. STAN passe le grand classique au hachoir postmoderne. Le résultat est une farce familière, mais délicieuse. Et surtout : l'essentiel de ce Tchekhov a été conservé. Devons-nous gémir ou applaudir quand on coupe les cerisiers?
Sam Rijnders, Veto, le 17 mai 2015

Leur Cerisaie est étonnamment spirituelle – on ne pouffe pas, mais on se prend à rire doucement maintes fois. Et en même temps, c'est triste – aucun pathos, mais de la peine.
Karin Veraart, De Volkskrant, le 18 mai 2015

Cinquante nuances de désespérance
La Cerisaie est un spectacle plein d'esprit ; nous avons vu du théâtre enlevé. Mais le plus beau, c'est quand tout s'arrête. Alors on regarde, fasciné, avec quelle beauté l'immobilisme est porté en scène. 
Geert Van der Speeten, De Standaard, le 20 mai 2015

Une fête théâtrale en mode majeur sur les adieux
Tchekhov veut éviter toute lourdeur et Stan réussit à le suivre dans cette voie, sans s'enliser dans des interprétations chargées ou des exagérations bouffonnes. Au contraire, les acteurs plus âgés de Stan et les jeunes talents savent parfaitement doser la quasi-nonchalance, le rythme, le plaisir de jouer et de danser, leur attention aux détails, la légèreté dans le jeu, leurs caractérisations vives, la vivacité des dialogues.
Tuur Devens, De theaterkrant, le 21 mai 2015

Errer dans un présent infini
Avec une beauté délicate, La Cerisaie esquisse un regard quasiment poétique sur l'expérience humaine. Celui-ci ne se laisse pas forcer dans de grands mouvements narratifs, mais tout au plus s'observer sous toutes ses facettes. Le résultat est un vagabondage de grande envergure, marqué par la conscience que les détails triviaux sont insondables et que l'insignifiant nous submerge.
Maarten Luyten, Cutting Edge, le 21 mai 2015

tg STAN propose une version généreuse de La Cerisaie, dans laquelle l'espoir brille sous le désespoir, comme les premiers rayons de soleil dorés après un hiver sombre
Rarement vu une mise en scène à la fois aussi réfléchie et aussi virevoltante de La Cerisaie d'Anton Tchekhov. Une version impressionniste, semblerait-il, d'un récit typique de l'auteur.
Els Van Steenberghe, Focus Knack, le 26 mai 2015

Chez STAN les émotions restent modestes ou sont jouées avec une certaine ironie. Un baiser fougueux se solde par un « Délicieux ! » satisfait, un cœur brisé est caché derrière un regard qui se détourne. La mélancolie, la nostalgie sont bien là, mais c'est un ton de joie frivole qui domine. Dans cette Cerisaie légère comme une plume, les tragédies humaines se dérobent derrière la badinerie. Enjoués, les personnages dansent vers leur ruine.
Joukje Akveld, Het Parool, le 26 mai 2015
texte Anton Tchekhov 
de et avec Evelien Bosmans, Evgenia Brendes, Robby Cleiren, Jolente De Keersmaeker, Lukas De Wolf, Bert Haelvoet, Minke Kruyver, Scarlet Tummers, Rosa Van Leeuwen, Stijn Van Opstal et Frank Vercruyssen
lumières Thomas Walgrave
costumes An d'Huys
production et technique STAN

coproduction Kunstenfestivaldesarts, Festival d’Automne (Paris), Théâtre de la Colline (Paris), TnBA (Bordeaux), Le Bateau Feu (Dunkerque), Théâtre Garonne (Toulouse), Théâtre de Nîmes et STAN

première le 24 septembre 2015, Théâtre Garonne Toulouse

Project co-produced by NXTSTP, with the support of the European Union’s Culture Programme