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archief

Pas de performances
mar 1 avril 2003
première de la version anglaise
Stockholm
Kulturhuset / Perfect Performance Festival

+46 8 50620200
site web
mer 2 avril 2003 Stockholm
Kulturhuset / Perfect Performance Festival

+46 8 50620200
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mar 8 avril 2003 Bergen
BIT Teatergarasjen

+47 815 33133
site web
mer 9 avril 2003 Bergen
BIT Teatergarasjen

+47 815 33133
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mar 10 juin 2003 Vienne
Wiener Festwochen / MuseumsQuartier Halle G

+43 1 5892211
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mer 11 juin 2003 Vienne
Wiener Festwochen / MuseumsQuartier Halle G

+43 1 5892211
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jeu 12 juin 2003 Vienne
Wiener Festwochen / MuseumsQuartier Halle G

+43 1 5892211
site web
ven 13 juin 2003 Vienne
Wiener Festwochen / MuseumsQuartier Halle G

+43 1 5892211
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jeu 20 mai 2004 Berlin
Hebbel am Ufer / Marx' Gespenster

+49 30 25900427
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ven 21 mai 2004 Berlin
Hebbel am Ufer / Marx' Gespenster

+49 30 25900427
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sam 22 mai 2004 Berlin
Hebbel am Ufer / Marx' Gespenster

+49 30 25900427
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mar 13 nov 2007
20.00
Le Caire
Gomhouria Theatre

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dim 18 nov 2007
20.30
Damas
Dar Al-Assad for Culture and Arts

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ven 26 sep 2008
20.00
Zagreb
Zagreb Theatre Festival

+385 1 4872554
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sam 27 sep 2008
20.00
Zagreb
Zagreb Theatre Festival

+385 1 4872554
site web
Le secret des Grandes Histoires, c’est précisément de n’en point avoir. Les Grandes Histoires sont celles que l’on a déjà entendues et que l’on n’aspire qu’à réentendre. Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s’installer à son aise. Elles ne cherchent ni la mystification par le biais du suspense et de dénouements inattendus, ni la surprise de l’incongru. Elles sont aussi familières que la maison qui vous abrite. Que l'odeur d’un amant. On les écoute jusqu’au bout, alors qu’on en connaît la fin. De même que l’on vit comme si l’on ne devait jamais mourir, tout en sachant pertinemment qu’on mourra un jour. Dans les Grandes Histoires, on sait d’avance qui vit, qui meurt, qui trouve l'amour et qui ne le trouve pas. Mais on ne se lasse jamais de le réentendre.

extrait de Le Dieu des Petits Riens d’Arundathi Roy, Gallimard, 1998

Antigone, celle qui brave les Dieux, celle qui affronte la mort, celle qui défie l’ordre ? Ou Antigone, celle qui refuse le jeu social, celle qui dit non à toute compromission au nom de la vie ? Cocteau/Anouilh, 1922/1944, deux versions du mythe. L’une courte, dense, sur le modèle héroïque de la tragédie antique ; l’autre plus humaine, désillusionnée, teintée d’un existentialisme désespéré. Dans ‘Antigone’ tg STAN confronte ces deux visions. On découvre les possibilités que recèle un texte, la contingence des choix et la mystification de l’Histoire.

STAN  ne se contente pas de jouer son répertoire en anglais et en français; souvent, la troupe crée ses spectacles en déplacement. A Bergen (Norvège) STAN a créé The Answering Machine (Finn Iunker), One 2 Life a vu le jour à Oakland en Californie, et c'est à Lisbonne que STAN a créé Point Blank , à la demande de Centro Cultural de Belém. Ces trois spectacles étaient en anglais. En février 2000, lorsque STAN  présenta JDX-Un ennemi du peuple à Toulouse, le Théâtre Garonne invita la compagnie à venir y créer une nouvelle œuvre en français. STAN  accepte très volontiers et, en explorant le répertoire dramatique français, découvre deux versions d'Antigone, respectivement de Jean Cocteau et Jean Anouilh.

Le Mythe

Antigone signifie "contre la progéniture" en grec, Ismène est le nom d'une des deux rivières de Thèbes, Créon se traduit littéralement par "souverain", le nom de Hémon fait référence à "haima", le sang, et le nom d'Eurydice ("ample dans ses jugements") est l'un des titres de la Reine des Morts.
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Selon la tradition, il existerait des accès aux enfers dans plusieurs lieux. L'un d'eux se trouve dans les environs d'Athènes, un autre près du Cap Ténare, à l'extrémité sud du Péloponnèse.
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La volonté des dieux peut se lire dans la façon dont l'offrande sacrificielle prend feu, dans le vol des oiseaux, le bruissement des feuilles d'un arbre sacré, ou ressortir de l'étude des entrailles d'animaux sacrificiels. Dans certains cas, l'augure observe des phénomènes, dans d'autres cas, il interprète ses observations.
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Les filles de Cadmos, fondateur de Thèbes, étaient les plus belles filles de la ville. Après tout, Aphrodite était leur grand-mère. Zeus était particulièrement sensible aux charmes de Sémélé, qu'il venait aimer au palais de Thèbes. Sa façon d'apparaître et de disparaître était tellement mystérieuse que Sémélé était persuadée d'avoir affaire à une divinité. Le pressant de questions, elle apprit finalement qu'il était bien Zeus. Pour vérifier cette affirmation – elle attendait son enfant – elle décida de l'inviter à se présenter à elle sous son apparence réelle. Une nuit, elle lui demanda d'exaucer l'un de ses vœux. Zeus le promit sans hésiter, jurant même par le Styx, le fleuve des enfers – c'était le serment le plus solennel que puisse jurer un dieu. Sémélé formula son vœu : "Montrez-vous à moi sous votre véritable aspect divin." Zeus la supplia de demander autre chose, car cela était trop dangereux pour elle, mais Sémélé continua à insister. Zeus partit, affligé, car il savait ce qu'attendait la jeune femme. Il revint dans toute sa splendeur de dieu suprême, accompagné de nuages de pluie, d'éclairs et de roulements de tonnerre. Au moment même de son apparition, son éclat consuma Sémélé, qui donna naissance à son enfant avant terme. Mais les colonnes en bois de la pièce bourgeonnèrent et se recouvrirent de lierre, qui protégèrent l'enfant de la chaleur incandescente. Zeus le prit et l'introduisit dans sa cuisse, qu'il recousit à l'aide des épingles d'or de Sémélé. L'enfant s'y développa jusqu'à sa naissance. Il hérita des pouvoirs divins de son père et, même si sa mère était mortelle, il naquit en tant que divinité. Son nom : Dionysos.
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Danaé, la fille unique du roi Acrisios d'Argos, une des cités les plus anciennes du Péloponnèse, fut emprisonnée par son père dans une tour de bronze (ou, selon une autre version, dans une cellule souterraine de bronze), parce qu'un oracle avait prédit au roi qu'il serait tué par son petit-fils. Mais l'espoir d'Acrisios d'éviter ainsi que Danaé ne mît au monde des enfants, s'avéra vain. En effet, Zeus, ému par la beauté et le chagrin de Danaé, s'introduisit dans sa geôle métamorphosé en pluie d'or et engendra un fils, Persée. Acrisios, enragé d'avoir été trompé et de nouveau gagné par la peur, fit placer sa fille et le nourrisson dans un coffre de bois, qu'il fit jeter à la mer. Protégés par Zeus, ils se laissèrent porter par les vagues et finirent par échouer dans la petite île de Sériphos, où ils furent accueillis à bras ouverts par le roi Polydectès. Après de longues années – et des aventures périlleuses avec Méduse et Andromède – Persée retourna à Argos. Son grand-père, d'abord mortellement inquiet en le voyant, finit par être complètement rassuré par l'attitude désarmante du jeune homme. Plus tard, Persée tua son grand-père par inadvertance en lançant le disque.
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Vers la fin des années 1960, les détenus de la prison sud-africaine tristement célèbre de l'Ile aux Phoques, décidèrent de monter "Antigone" pour leur spectacle de Noël. À la lumière de la lutte contre l'apartheid, la pièce acquit un sens tout particulier. Le prisonnier qui se présenta pour jouer le rôle de Créon s'appelait Nelson Rolihlala Mandela.
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Dans la famille des dieux de l'Olympe, Aphrodite, déesse de l'amour, est la fille de Zeus et l'épouse d'Héphaïstos. Elle eut également des liaisons avec d'autres divinités et avec des mortels. Avec Arès, fils de Zeus et d'Héra, elle eut un fils, qui fut appelé Éros.
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Hadès, fils de Cronos, est le dieu des Enfers. Il est également le maître des richesses de la terre, et plus particulièrement des métaux précieux. Voilà pourquoi on l'appelait également Plouton ("Donneur de richesses").
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Du côté de son père Éverès, le célèbre devin Tirésias descendait de la race d'hommes armés nés des dents de dragon plantés par Cadmos, le fondateur de Thèbes. La mère de Tyrésias était la nymphe Cariclo, l'une des compagnes d'Athènes. Comment Tirésias devint aveugle – première version : un jour, Athènes se baignait dans la fontaine Hippocrène dans l'Hélicon. Tirésias, qui chassait dans les montagnes, l'aperçut par hasard. La déesse le frappa de cécité, mais Cariclo plaida en faveur de son fils. Finalement, Tirésias reçut le don de voyance. Comment Tirésias devint aveugle – seconde version : un jour, Tirésias vit deux serpents s'accoupler et décida de se glisser entre les deux reptiles. Il fut aussitôt transformé en femme. Sept ans après, il découvrit de nouveau deux serpents enlacés et répéta son acte. Il redevint un homme. Une querelle sans fin opposait Zeus et Héra; ils n'arrivaient pas à décider qui, de l'homme ou de la femme, éprouve le plus grand plaisir dans l'amour. Ils firent appel à Tirésias comme arbitre pour mettre fin à la discussion, puisqu'il avait fait l'expérience des deux sexes. Tirésias répondit qu'une femme éprouve un plaisir neuf fois plus intense que l'homme. Furieuse, Héra le priva de la vue. Satisfait, Zeus lui accorda le don de prophétie et le droit de vivre sept vies humaines consécutives. On dit que Tirésias mourut de fatigue et de grand âge, au moment où le peuple de Thèbes, vaincu par les Épigones, partit en exil sur ses conseils.

Devant une longue table qui servira de scène, la comédienne, sourire en coin, s'avance vers le public et lui annonce le déroulement de la soirée. Pas de suspense. Chacun connaît l'histoire. Commence alors, sur un sol rayé de lumière dorée, l'inéluctable destin d'une jeune fille têtue, minijupe et baskets, natte blonde et jambes de sportive. Les acteurs, tous, tels qu'en eux-mêmes et magnifiques, nous accompagnent au plus haut de l'émotion, dans une pureté jamais atteinte. Antigone meurt tuée par ses propres mots. Rarement la tragédie a été aussi belle.
Les Flamands magnifiques , L'Express, Laurence Liban, 22/11/01

Les conventions de la tragédie et de la presse du cœur s'additionnent au bénéfice des émotions. Mais c'est la grâce des interprètes qui y pourvoit, leur vitalité insouciante, prête à forcer les passages.
Deux Antigones, la sainte, l'anarchiste, plus jeunes que jamais , Le Monde, Jean-Louis Perrier, 07/12/01

Dans le spectacle de tg STAN, la transition de l'une à l'autre pièce se fait harmonieusement. Les deux actrices (Natali Broods interprète Antigone) revêtent des robes moins stylisées et le ton glisse du débat philosophique à la conversation. Tg STAN a le don du naturel, une façon à la fois précise et chaleureuse de ne jamais perdre le fil. Les quatre comédiens (qui se partagent tous les rôles) réussissent à transformer leur accent (flamand, ou portugais pour Tiago Rodrigues) en atout, chaque syllabe muant en note de musique.
Une Antigones, deux fois , Libération, René Solis, 11/12/01

On est sur le fil du rasoir, à la limite de la parodie, ému pourtant par leur feinte maladresse. Il ne faut pas s'y tromper : ces lourdauds sont des artistes accomplis ; ces naïfs sont des petite malins, qui embobinent le public. Ils semblent avoir renoncé à toute forme, à tout apprêt, dans l'interprétation. On croit qu'ils improvisent. Erreur : tout est pensé, répété, construit. Belle leçon de théâtre. On sera constamment ému, amusé, surpris.
La catharsis, aujourd'hui , Le Figaro, Frédéric Ferney, 12/01

Dédramatiser d'abord pour arriver ensuite au drame dans tout son paroxysme, telle est donc la démarche de cette compagnie qui par les deux versions montre aussi comment Antigone est d'abord l'instrument des Dieux, ensuite maîtresse d'elle-même. Vrai jeu pour les amoureux du texte.
Les raisons de la colère des Antigones , La Libre Belgique, Laurence Bertels, 24/04/02

Le collectif anversois tg STAN touche une fois de plus le cœur de l'œuvre et la remet en jeu. Très simplement, sans scénographie imposante, usant de quelques artifices lumineux, les acteurs se plongent dans la situation et apportent un parfum dynamique et troublant à ces Antigones. L'approche de tg STAN, faite de la spontanéité et de la fragilité d'un théâtre qui s'invente sous nos yeux, s'attache aux mots. S'ils s'y accrochent parfois, les acteurs les prennent à bras-le-corps avec une énergie décapante. La langue y gagne en fraîcheur. Il s'en dégage une émouvante justesse.
Tg STAN face aux Antigones , Le Soir, Janine Dath, 29/04/02

texte Jean Cocteau / Jean Anouilh
de et avec Natali Broods, Jolente De Keersmaeker, Tine Embrechts, Tiago Rodrigues et Frank Vercruyssen

décor et lumière Thomas Walgrave
costumes An D'Huys
remerciments à Laurence d’Hondt

production STAN
coproduction Théâtre Garonne (Toulouse), Festival d’Automne (Paris) et Théâtre de la Bastille (Paris)

première le 15 mai 2001, Théâtre Garonne, Toulouse (FR)
première de la version anglaise le 1 er avril 2003, Kulturhuset, Stockholm (SE)